Masques neutres, masques larvaires : le retour à l’essentiel

Charlotte, embarquée

Les 16 et 17 janvier 2016

J’ai participé à ma première session de théâtre avec les Embarqués en janvier avec pour objectif de reconnecter avec cet art que j’avais déjà pratiqué alors que j’avais quelques années de moins …

Ce stage était consacré à la mise en scène au travers de deux types de masques sans parole : le masque neutre et le masque larvaire.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ces masques, le masque neutre est une représentation simplifiée de la figure humaine sans expression particulière et qui s’appuie sur le silence et l’état de calme. Le masque larvaire est un visage encore plus simple que celui du masque neutre, avec des yeux plus petits (simplement deux trous) et pour lequel, le nez, allongé, pointu, rond, ou encore crochu esquisse une forme de caractère. Ces masques ont été créés au XXème siècle et sont utilisés en priorité pour se former à l’art dramatique.

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Lors du stage, nous avons commencé par un travail préparatoire sur le corps avec pour ligne directrice de trouver sa force et sa fragilité au travers de mouvements libres, à la fois lents et puissants, rythmés par notre souffle. Le masque sans parole implique en effet un travail sur le souffle ainsi que la façon de se mouvoir : simple, saccadée ou vive, mais toujours précise, et surtout subtile. Pas besoin d’en faire trop.

Puis nous avons entamé un travail sur l’ouïe. Le masque neutre et le masque larvaire sont muets et pourtant, ils demandent une grande écoute… Le champ de vision étant réduit pour celui qui le porte – surtout pour le masque larvaire – il nécessite d’être attentif à la présence de l’autre pour ressentir sa place dans l’espace et ses mouvements afin de pouvoir interagir avec lui.

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La troisième phase de préparation a consisté à travailler à l’aide du masque neutre sur le regard et le port de tête. Le regard doit accompagner le mouvement du masque pour ne faire plus qu’un avec ce dernier. Chaque mouvement de tête donnera ainsi au masque ses expressions.

Enfin, nous avons mis le masque larvaire dos au public et en nous retournant face au public, comme par magie, de façon si naturelle, notre personnage a pris vie. En l’absence de notre propre visage et de nos paroles, notre corps se met alors en marche. Nous sommes à son écoute et lui à la nôtre. Comme écrit Jacques Lecoq : « le corps apparaît seul apte à nous porter dans le silence. Avec lui, plus moyen de tricher. Le jeu psychologique de l’œil n’est plus possible, la tête le remplace et tourne à sa place. Les gestes s’agrandissent et se ralentissent. Au début, on étouffait, maintenant on respire largement ».

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On crée alors à notre personnage plus que des expressions, on lui crée une VIE. Il prend place sur le trottoir, en attendant son bus, il regarde les enfants qui jouent, les pigeons qui volent et les chiens qui passent. Il rencontre d’autres personnes. Il devient tantôt attachant, tantôt amusant, parfois attristant et même étonnant. En fait, il nous touche directement en plein cœur tellement il devient le reflet de nous-mêmes, êtres HUMAINS.

Au travers de ces silences, je suis revenue à l’ESSENTIEL : la beauté des moments ordinaires de la vie qui nous relient les uns les autres, le lâcher prise, l’écoute de son voisin… la foi en ce que l’homme à de plus beau à offrir, en toute simplicité.

 

 

 

 

 

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